Me voilà bien embarrassé : autant je ne peux me défiler face à un questionnaire amicalement transmis par un Pierrot toujours prêt à exploiter la moindre opportunité pour me faire mettre mon blog à jour (et je l’en remercie), autant la nature du petit jeu remet en cause mon goût du mystère. Evidemment, je me cantonnerai au domaine cinématographique. Et puis de toute façon, même en écrivant sur un sujet tel que le cinéma, ne se dévoile-t-on pas un peu d’une certaine façon ?
5 choses sur Ludo Z-Man que je n’ai jamais dites sur moi :
Je suis totalement incapable de dire d’où vient ma passion pour le cinéma. Il n’y pas eu vraiment de déclic, de grande révélation ou de films qui soudainement fit naître une vocation. C’est venu comme ça naturellement avec une évidence qui fait que jamais je ne l’ai remise en question depuis.
J’ai vu 106 films en salles en 2006. Evidemment, mon compte en banque (chichement alimenté) morfle un peu aussi.
A la fin de mes études, j’ai écrit deux scénarios de longs métrages, dont un intitulé Camilla, l’histoire d’une jeune fille atteinte d’un virus qui la transforme en vampire, et qui, s’il était réalisé, correspondrait tout à fait au type de films dignes faire l’objet d’une belle chronique ici-même. A bon entendeur.(1)
Je regretterai à jamais de ne pas avoir foutu mon poing sur la gueule d’un employé d’une salle de cinéma qui après une projection désastreuse du film The Others de Alejandro Amenabar, complètement décadré et avec le micro dans le champ tout les trois plans, m’a soutenu que c’était un choix du cinéaste.
Et pour finir voilà que je dévoile ma voix :
Je hais ma voix !
(1) Evidemment, réaliser moi-même un film d’horreur est un rêve absolu.
Alors, je crois qu’à la base ce questionnaire vient de chez un quasi-homologue, Ludovic (je dis quasi, parce que moi, c’est juste Ludo pour faire djeuns) qui tient le blog Cinématique (très bien) ou alors de chez Vincent qui tient le blog Inisfree (très bien aussi) et qui m’a été refilé par ce cher Pierrot, qui tient le blog du Dr Orlof (très bien itou), toujours prés à partager.
Alors je me plie à l’exercice… aussi parce que ça fait longtemps que la dernière update s’éternise, et que mes prochaines chroniques brûlent sur le feu.
1) Quel est le dernier film que vous ayez vu en salle ou en DVD et pourquoi ?
Borat…
Les raisons pour lesquelles je vais voir un film en fait, je me pose plus la question, moi. Borat, parce qu’on en a parlé. Ah si un ami me l’a conseillé. Mais c’est pas une généralité. Il y a plein de raisons pour aller voir un film pas forcément bonnes d’ailleurs.
2) Citez le cinéaste dont vous attendez le plus le prochain travail et donnez un exemple de ce qu’il fait de mieux
Lynch et son INLAND EMPIRE le mois prochain. 3 heures de surréalisme en vidéo.
3) Joe Don Baker ou Bo Svenson?
Belle carrière bisseuse pour Bo Svenson.
4) Citez un moment dans un film qui vous a fait sursauter (horreur, surprise, révélation…)
Dans Eraserhead, quand Henry s’apprête à aller se coucher et que le bébé commence à gémir parce qu’il est malade. Le plan sur le bébé est terrifiant.
5) Votre film préféré à propos du cinéma
Le voyeur de Michael Powell
6) Votre film préféré de Fritz Lang
J’aurais dit Metropolis mais que c’est banal. Alors on va dire The Big Heat. Je ne l’ai pas revu depuis longtemps, mais pour un aussi grand cinéaste, choisir une série B bien trempée, 1h30 sans fioritures, ça me fait plaisir.
7) Décrivez la première fois où vous vous êtes reconnu dans un film
Alors là, c’est compliqué parce que ça m’arrive extrêmement souvent. En plus, la question est ambiguë parce que ça peut aller plus loin que la simple identification à un personnage. Comme de s’identifier au regard d’un cinéaste, à sa vision du monde si j’ose dire.
Vu que je suis pas vraiment capable de répondre à la question je dirais qu’en général, les personnages d’artistes maudits ou frustrés, de losers un peu décalés, forcément ça marche à chaque fois. Les personnages de Woody Allen dans Deconstructing Harry ou ceux de Enid et Becky dans Ghost World, pour citer des exemples récents…
Mais par exemple, je pourrais tout à fait dire que je me reconnais dans un film comme Freaks de Tod Browning ou même dans Le Voyeur que j’ai déjà cité…
8) Carole Bouquet ou Angela Molina?
Aucune des deux.
9) Citez un film qui rachète la notion de nostalgie au-delà d’une facilité commerciale.
In the mood for love.
10) Quelle est votre apparition préférée d’un sportif dans un rôle joué ?
Je m’en fiche.
11) Votre film préféré de Hal Ashby ?
Harold et Maude comme Cameron Diaz dans Mary à tout prix.
12) Citez les titres du premier double programme que vous diffuseriez pour l’inauguration de votre propre salle art et essais ?
C’est dur, y’a plein de beaux couples de films qui me viennent à l’esprit…
La nuit du chasseur et Les Innocents par exemple…
Sunset Boulevard et Mulholland Dr.
Freaks et Eraserhead ou Eraserhead et Massacre à la tronçonneuse ou Un chien andalou et Massacre à la tronçonneuse…
Et sur Série Bis, nous avions crée notre drive-in qui devrait rouvrir bientôt et qui avait été inauguré avec The Beast that Killed Woman, un nudie de Barry Mahon et Robot Monster de Phil Tucker.
13) Quel serait le nom de cette salle ?
Selon le style de la salle, un titre de film avec une couleur, le Pink Flamingos ou le Blue Velvet…
14) Humphrey Bogart ou Elliot Gould?
Bogart.
15) Votre film préféré de Robert Stevenson.
Mary Poppins
16) Décrivez votre passage favori dans un film qui soit mémorable pour son utilisation du son.
Toute l’ouverture de Suspiria : jeu extraordinaire sur les sons d’ambiance et la musique des Goblins.
17) Pink Flamingo, oui ou non ?
Oui à fond, même si mon préféré c’est Desperate Living.
18) Votre BO favorite
Nightmare before Christmas de Danny Elfman (une BO de saison)
19) Fay Wray ou Naomi Watts?
Naomi Watts
20) Y a-t’il un film qui vous amènerait à questionner le jugement et/ou le goût d’un critique, bloggeur ou ami s’il s’en faisait l’avocat ?
Je pense sincèrement pouvoir dire aucun. A la limite (et je ne sais ce que ça peut révéler de mon état d’esprit), je serais sans doute plus gêné de voir quelqu’un que j’estime démolir un film qui me paraît essentiel.
21) Créez une nouvelle catégorie pour les Oscars et citez son premier vainqueur…
On serait sans doute tenté de décerner des récompenses à ceux qui le méritaient tant et que ce genre de cérémonies s’obstine à ignorer. Mais après tout, la revanche serait bien vaine…
22) Votre film préféré de Paul Verhoeven.
Grosse affection pour Total Recall. Rarement cet acteur très nul qu’est Schwarzenegger n’aura été utilisé de manière aussi jouissive.
23) Qu’est-ce qui, pour vous, est supérieur dans les films que dans les autres formes artistiques ?
Les sensations.
24) Peter Ustinov ou Albert Finney ?
Peter Ustinov
25) Quel est votre logo de studio favori, tel qu’il apparaît avant les films ?
Y’en a plein, la Toho, la Toei, la RKO, le vieux logo de Metropolitan Filmexport, la FilmWorkshop, New Line Cinema (pour la zizique dans la version des années 90)…
Le logo des Grindhouse Movies jamais utilisé chez nous, et qui précédaient les films d’exploitation US des années 70. (C’est la petite image en haut à gauche du blog)
26) Citez le livre qui est le plus important sur le cinéma pour vous.
Des livres d’entretiens, ceux de Lynch et de Cronenberg sont finalement ceux qui m’ont le plus intéressés.
27) Citez le film qui ait le meilleur retournement de situation finale (twist ending)
Un de ceux qui m’avait sacrément bluffé, c’était celui de Angel Heart de Alan Parker, film surestimé par certains, sous-estimé par beaucoup d’autre, et dont l’intrigue volontairement nébuleuse ménage un chute que je n’avait pas vu arriver une seule seconde.
28) Votre film préféré de François Truffaut.
Les 400 coups, le plus brut.
29) Olivia Hussey ou Claire Danes ?
Se reporter à la question 8.
30) Racontez votre plus mémorable rencontre avec une célébrité.
Aucune parce que je n’appelle pas ça vraiment des rencontres. Quand j’ai salué David Lynch sur la plage de Cannes en 2001, c’était classe mais bon on peut pas appeler ça une rencontre. Pour rigoler j’aurais pu y aller franchement et lui tendre mon portable en sussurant « Call me !» comme l’homme en noir dans Lost Highway et là à la rigueur on aurait pu parler d’une rencontre.
31) Quand avez-vous réalisé pour la première fois que les films étaient réalisés ?
Très tôt avec Hitchcock.
ANGOISSE (1988), SANTA SANGRE (1989), LES FEEBLES (1990), CARNE (1991), C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS (1992), LA MUSIQUE DU HASARD (1993), KILLING ZOE (1994), BAD BOY BUBBY (1995), LA BOUCHE DE JEAN-PIERRE (1996), FUNNY GAMES (1997), SEUL CONTRE TOUS (1998), HAPPINESS (1999), CHANSONS DU 2E ETAGE (2000), TROUBLE EVERY DAY (2001), HUNDSTAGE (2002), DANS MA PEAU (2003), CALVAIRE (2004), INNOCENCE (2005)
le 22e PRIX TRES SPECIAL fondé par Jean-Claude ROMER et Gérard LENNE a été décerné le 14 juin 2006, au film
The DEVIL's REJECTS
de Rob Zombie
(Etats-Unis, 2006)
par un jury composé de Stéphane Bourgoin, Jean-Pierre Bouyxou, Tony Crawley, Gérard Delorme, Henri Gigoux, Gilles Gressard, Christophe Lemaire, Gérard Lenne, Charlotte Lipinska, Hélène Merrick, Jean-Claude Romer, Philippe Ross, Philippe Rouyer, Caroline Vié, Jacques Zimmer..."

Bons moments :
- un personnage très rigolo de paresseux fini, l’employé de la gare de Najac, petit village paumé du fin fond de la France auquel le réalisateur Jean Henri Meunier consacre un documentaire Ici Najac, à vous la Terre, sorte d’Espigoule version militante.
- Un Shaw Brothers en copie restaurée à la salle Bunuel.
- Elijah Wood en vampire amoureux dans le segment de Vincenzo Natali de la compile touristico-romantique Paris je t’aime, qui balance sans trop d’ennui entre le livre d’image papier glacé (les retrouvailles entre Ben Gazzara et Gena Rowlands), le démonstratif convenu, le déconnage sympatoche (le sketch des fréres Coen) et le joli moment de grâce comme la sublime Maggie Gyllenhaal, joliment enfumée devant la caméra d’Olivier Assayas.

- Alexandre Desplat et son pote… Jacques Audiard. Lui au piano jouant les premières notes de Birth de Jonathan Glazer. Revoir les images et regarder encore une fois les hommes tomber. Juste passionnant.

- Benoit Delepine et Gustave de Kervern venu présenter le machin indéfinissable, l’OVNI nihiliste du festival, 1h20 de surréalisme décadent, de poésie trash, de burlesque incongru en noir et blanc granuleux et en 1.66. Ca s’appelait Avida. Pas grand monde n’en parle dans la presse. Ni de l’actrice principale, l’incroyable Velvet, actrice au physique phénoménal, créature fellinienne fascinante.
- Manger à McDo après avoir vu Fastfood Nation, le brulot branchouille de Richard Linklater.

- Avoir réussi à rentrer après moult rebondissements à la projection officielle de Southland Tales, le film de Richard Kelly, à quelques fauteuils de l’équipe : Buffy, The Rock, Kevin Smith et Marilyn Manson (accompagné d’une très belle femme : Dita Von Teese ???). Seul Stiffler manquait à l’appel. Il est pourtant étonnant dans le film. Le film lui…
- Le personnage texaveryrien de l’écureuil dans Over The Hedge, le dernier film d’animation Dreamworks.
Frustrations :
- Ne pas avoir vu The Host de Bong Joon Ho, visiblement à la hauteur de son sublime Memories of Murder.
- Se faire refouler comme des grosses merdes de la projo de Destricted, en présence de Gaspar Noé.
- Southland Tales, pétage de plomb mégalomane, à dix milles lieues de la maitrise de Donnie Darko (que j’avais adoré). Le type même du film qui tend le baton pour se faire battre en allant à Cannes. Ca ne le rend que plus sympathique. Mais quand même, je reste perplexe…
- Ne pas être là-bas ce soir pour Marie Antoinette… mais ce n’est que partie remise, Kirsten !


