THE GHOST IN THE INVISIBLE BIKINI de Don Weis (1966)

Publié le par Ludo Z-Man

AVERTISSEMENT : Ce film comporte des scènes avec un acteur dans un costume de gorille. C’est donc un film garanti de qualité. De plus, le rôle bouleversant du gorille est ici interprété par l’indispensable George Barrows, qui nous avait épaté en gorille de l’espace dans le sublime Robot Monster de Phil Tucker.

Retour en arrière avec une production American International Picture qui mettait ici un point final à sa série de films destinés aux teenagers en vacances. Le genre du film de plage ayant trouvé pour se diversifier le moyen de flirter avec le fantastique, les monstres, les zombies et autres revenants ectoplasmiques finissent par s’inviter pour troubler les idylles de nos chers adolescents dans The Beach Girls and the Monster de Jon Hall ou encore Horror of Party Beach de Del Tenney et ses mutants aquatiques radioactifs. The Ghost in the Invisible Bikini, outre son titre merveilleusement suggestif, était sans doute l’occasion pour la firme de réutiliser les décors gothiques des films d’épouvante dont Roger Corman s’était fait la spécialité avec ses fameuses adaptations des nouvelles de Poe. Deux jeunes ados débarquent dans un château poussiéreux dans lequel ils ont été invités car ils doivent hériter après la mort d’un membre de leur famille. Mais un avocat louche ne l’entend pas de cette oreille et est prêt à tout pour empocher le pactole y compris à faire croire que la baraque est hantée. Mais l’esprit du propriétaire veille et afin d’être sur d’aller au Paradis, envoie une charmante créature ectoplasmique aider les deux jeunes gens à toucher le million de dollars. C’est elle, le fantôme au bikini invisible. Et là désolé de casser le suspense, aussi invisible que soit son bikini et aussi charmante que soit le fantôme en question, vous ne verrez rien d’indécent, bande de petits voyeurs. En plus, avec un scénario pareil, vous l’aurez compris, on nage en pleine fantaisie, et au bout de dix minutes, un bus de jeunes et charmants teenagers en maillot et chemise à fleurs débarquent dans le château (qui tiens, tiens, possède aussi une chouette piscine avec des hamacs et des parasols tout autour) et vas-y que ça se met à pousser la chansonnette et tout le monde se met à danser le madison au bord de l’eau. La magie du cinéma.


Le principal intérêt de ce scénario complètement débilosse est de compiler tous les ingrédients du genre et de les assembler en une grande sarabande improbable qui oscille entre le fantastique, le film de monstre, la comédie musicale, la bluette sentimentale au mépris de toute vraisemblance. Les personnages secondaires sont tous archétypaux au possible et l’on croise des avocats véreux, des bimbos myopes, des amoureuses éconduites, des méchants maladroits, un gang de motards tous totalement abrutis, un indien qui fait du cirque, une vieille adepte du spiritisme et même un gorille (vous-ai je dit qu’il y dans ce film des scènes avec un type dans un costume de gorille ?) qui parodie une scène du Shining de Kubrick (parodie d’autant plus audacieuse qu’elle est faite avec quinze ans d’avance !).  Le casting réserve ses surprises puisqu’on y croise quand même deux vielles gloires du fantastique classique : Basil Rathbone dans le rôle de l’avocat cupide et qui en fait des tonnes comme il se doit et plus douteux, Boris Karloff, réduit au statut de faire-valoir pendant tout le film, ce qui est plutôt tristounet à voir. La mise en scène est évidemment anonyme mais ne vous attendez pas du tout à une série Z fauchée, le film bénéficiant d’une direction artistique soignée, la même en fait que celle qui a fait la gloire des productions fantastiques de la firme et en plus, le film se paie le luxe d’être éclairé en Scope couleur par Stanley Cortez, qui fut chef opérateur sur le plus film du monde toutes époques confondues, La nuit du chasseur de Charles Laughton. Visant un public d’ados, The Ghost in the Invisible Bikini bascule donc assez vite dans le registre de la comédie burlesque, un burlesque pour le moins naïf et parfois lourd. Le décorum de la maison hantée, son fantastique bubble-gum et son surnaturel de pacotille nous donne l’impression d’assister à un épisode live de la série Scooby-Doo (d’ailleurs les récentes adaptations filmées de Scooby-Doo sont finalement ce qui s’est fait dans les années 2000 de plus proche de ces productions d’époque), ce qui a son charme malgré tout.


Le résultat est donc sympathiquement ringard et est réservé à ceux qui se sentent de plonger dans le trip sixties nostalgique et inévitablement très régressif que représente un tel film. Tel quel, The Ghost in the Invisible Bikini est un document sur une certaine culture adolescente de son époque dont on croise même ici une des futures stars, Nancy Sinatra quand même, vous savez la fille qui nous chantait la même année que ses boots étaient faites pour marcher (ce qui permit de surfer sur le succès de ce tube mythique). Le film se termine en pyjama-party dans la crypte du château. Peut-être une idée pour les vacances.

Publié dans série bis

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tietie007 28/09/2007 17:49

Rien que le titre ça me donne envie de le voir ...il doit être superbement nanardesque ce fantôme dans l'invisible Bikini !