CHEERLEADER MASSACRE de Jim Wynorski (2003)

Publié le par Ludo Z-Man

Jasper: She looks kinda familiar
Abernathy: That is because she is a famous movie star. We are making a Hollywood movie here in town
Jasper: Why's she dressed like that?
Abernathy: Because it's a cheerleader movie and she's one of the cheerleaders.
Jasper: What's a cheerleader movie?
Abernathy: A movie about cheerleaders.
Jasper: Is it a porno?
Abernathy: [looks at Jasper] *Yes*! But don't mention it. She's shy.

(extrait de Death Proof de Quentin Tarantino)

 

Bon, le qualificatif de porno est peut-être exagéré, mais ce n’est pas ce bon vieux Jim Wynorski qui va me contredire, le potentiel érotique du film de pom-pom girls est évident (« Sauvons la Cheerleader, sauvons le monde », disait le poète…) un peu à l’instar de la lycéenne en uniforme qui peuple l’imaginaire du cinéma japonais. Et saluons l’initiative de ce cher Quentin à rendre hommage à ce genre dont il est manifestement fan. J’avoue, je ne connaissais que très peu ces films, il faudra un jour m’y atteler, le cinéma d’exploitation y a manifestement trouvé son bonheur. Ca commence en 1973 avec The Cheerleaders de Paul Glicker, un sexploitation visiblement assez soft, arrosé d’humour potache et qui semble constituer l’ancêtre des teen-movies sexués des années 80 comme la légendaire saga des Porky’s. Une suite, Revenge of the Cheerleaders sera tournée trois ans plus tard, avec dans un de ses tout premiers rôles, David Hasseloff. Jack Hill, le réalisateur de Coffy, la panthére de Harlem, tourne en 74, The Swinging Cheerleaders, puis dans le genre fantastique, mode diabolique oblige, on trouve des Satan’s Cheerleaders grace à Greydon Clark en 1977. Depuis, le teen-movie s’est un peu aventuré dans le domaine comme dans But I’m a cheerleader de Jamie Babbit (1999) ou Natasha Lyonne incarnait une pom-pom girl envoyée en camp de rééducation pour lesbienne et y tombait amoureuse de Clea Duvall, et bien plus prude, le récent Bring It On avec Kirsten Dunst et Eliza Dukshu. Aux rayons des curiosités, on trouve aussi un Cheerleader Ninjas de Kevin Campbell sorti directement en vidéo en 2003.


Quand vous vous aventurez dans la jungle de la série Z récente, vous croisez forcément à un moment ou à un autre le nom de Jim Wynorski, qui fait partie de ces spécialistes inoxydables du low-budget movie comme les mythiques Fred Olen Ray et Andy Sidaris, des noms qui font rêver les amateurs de monstres craignos, de paysages exotiques et de bimbos généreuses. Formé à l’écurie Roger Corman, son mentor, Wynorski accumule depuis la fin des années 80 une quantité de film, pour la plupart directement destinée à la télévision et au marché de la vidéo : des slashers (Sorority House Massacre 2), des parodies érotiques, des films d’animaux monstrueux (Komodo vs Cobra) des suites hasardeuses (976-EVIL 2, la suite du film de Robert Englund !!!) et même des films pour enfants (dans lesquels on croise la jeunette Jennifer Love Hewitt, mais je pense qu’il aimerait beaucoup la faire tourner maintenant), avec en général, des jolies filles, avant tout des jolies filles, il le dit lui-même à longueur d’interview, le bonhomme est un chaud lapin, Raven de la Croix, Traci Lords figurent parmi ses égéries. Ami cinéphile donc, au moment de rentrer dans l’univers de Jim Wynorski, oublie toute notion de bon goût, de style, de mise en scène. Je dois l’avouer, c’était le premier film que je voyais de lui, et j’ai souffert (pour vous, amis lecteurs, qui sans soute n’en demandiez pas tant). Une heure et demie de désolation intense devant ce qui s’avère être un slasher terriblement mou et routinier ou un groupe de cheerleaders se paument dans une forêt enneigée et atterrissent dans un chalet, traquée par un serial killer. Devant le sentiment de vanité qui nous envahit peu à peu pendant le visionnage, on est saisit devant la propension du film à une gratuité absolue et de tous les instants, des plans de nudité d’une vulgarité assumée aux seconds rôles inutiles, sans oublier des scènes sans aucun rapport avec l’intrigue servant à rallonger la durée du métrage (le meurtre de la fille qui fait son footing). A la moitié du film environ surgit un personnage que les flics vont interroger, une ancienne élève du lycée des cheerleaders et là en guise de flashback, Wynorski nous ressert un extrait de Slumber Party Massacre, un slasher de 1982 (qui avait déjà connu deux suites !!!), justifiant ainsi le fait d’avoir engager la même actrice vingt ans plus tard.


On a parlé beaucoup de très très mauvais films ici, certains d’entre eux nous avaient fascinés par leur absurdité plus ou moins volontaires, leur fraîcheur ou au contraire énervés par leur fadeur ou leur prétention, mais finalement, Cheerleader Massacre, c’est pire, c’est juste le vide, le néant absolu, quoi, avec juste la vulgarité et l’opportunisme. Il faudra un jour que je me pose la question clairement, y’a-t-il une forme d’indulgence quand je regarde des films plus anciens, y’a-t-il forcément un effet de recul, ce charme vintage qui joue beaucoup. Wynorski a côtoyé Corman, et bien j’ai revu récemment des vieux films de monstres produits et réalisés par Corman dans les années 50 (Attack of Giant Leeches, Attack of the Crab Monsters) et aussi ringards soient-ils (effets spéciaux artisanaux obligent), il y avait là pourtant un certain savoir-faire, de l’astuce, de la roublardise. Bref, vous l’aurez compris, Cheerleader Massacre est un film franchement pas sympathique et le plus déprimant dans l’affaire, c’est qu’à aucun moment du film une fille porte au moins une fois un uniforme de cheerleader. C’est vraiment triste et désolant.


Je me sens fatigué d’un coup.

Publié dans série bis

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Nain Dien 22/08/2008 15:32

Généralement, je remercie les gens de m'avoir conseillé un film, mais, là, je te remercie de me l'avoir déconseillé avant qu'il ne soit trop tard.Salutations du Nain,http://naindien.com