VAMPIRES 2 : LOS MUERTOS de Tommy Lee Wallace (2002)

Publié le par Ludo Z-Man

Un film d’horreur avec Bon Jovi en tueur de vampires, ça vous dit ? Bon, ok, dis comme ça, c’est pas super engageant, mais on peut quand même être curieux de cette suite, directement conçue pour la vidéo, du Vampires de John Carpenter, produite par Big John lui-même et dont la réalisation est confiée à Tommy Lee Wallace, cinéaste multi-cartes du genre, grand pote de Carpenter depuis Dark Star, son premier film. Entre eux deux, c’est donc une longue histoire, puisque c’est à lui que Carpenter, sans doute déçu par le travail de Rick Rosenthal sur la suite directe de son chef d’œuvre, confie la réalisation de Halloween 3 (Season of Witch), le plus singulier de la saga puisque le seul ne mettant pas en scène Michael Myers. Tommy Lee Wallace est donc un habitué de l’exercice de la séquelle (on lui doit aussi Vampires, vous avez dit vampires ? 2) sauf qu’ici, il ne prend pas beaucoup de risques en calquant plus ou moins la trame du film original. Un chasseur solitaire se retrouve confronté à une femme vampire qui décime toute son équipe. Avec un jeune prêtre, un black musclé, un jeune mexicain et une fille mordue qui se drogue pour ne pas muter en suceuse de sang, il part à la recherche de la méchante. L’idée reste la même : une croix noire permettrait aux vampires de pouvoir s’exposer au soleil sans mourir instantanément.

 

Le scénario est donc extrêmement classique et linéaire : on est face à un pur film d’action matiné d’horreur. Le sang y est d’ailleurs généreusement déversé (effets signés de l’excellente boite KNB) encore plus que dans le premier opus qui, pour un film de Carpenter, était déjà étonnement gore alors que ce n’est pas forcément le genre de la maison. Paradoxalement, le film de Wallace possède un look moins cheap que celui de Carpenter, sans doute du au fait que le film, tourné en Scope, avec un budget honorable, n’a rien d’un Direct to Video fauché. Pourtant, aussi soigné soit-il, Vampires 2 manque cruellement de personnalité et donc inévitablement de style. Si l’ambiance western est plus ou moins conservée, elle ne s’épanouit pas dans une mise en scène qui, chez Carpenter (bien qu’on puisse considérer que Vampires n’était pas non plus une réussite majeure de son auteur), nous ravissait par un sens du cadre et de l’espace remarquable. Ici la réalisation de Wallace, non dénuée d’efficacité, me paraît inégale, pâtissant d’un rythme pas toujours maîtrisé, parfois maladroit dans l’utilisation d’effets visuels comme ses ralentis tape à l’œil. Les acteurs sont aussi fort décevants et force est d’avouer qu’en remplaçant James Woods, idéal héros carpenterien, bad guy au sourire de tueur tout droit dans la lignée d’un Snake Plisken, par le chanteur Bon Jovi et son charisme d’endive, forcément on n’y perd au change. Certes, les castings des films de Carpenter sont rarement irréprochables (souvenons-nous, Daniel Baldwin dans le premier volet, mais on sait aussi qu’on peut faire de très bons films avec des acteurs pas géniaux, et puis si vous regardez bien il y a souvent un acteur assez nul dans beaucoup de films de Carpenter… la direction d’acteurs ça n’a jamais été son truc !), mais pas grand chose à se mettre sous les yeux, si ce n’est le plaisir coupable de revoir le charmant petit minois juvénile de Natasha Gregson Wagner, adorable créature croisée chez David Lynch et Larry Clark.

Au final, pas grand chose à tirer de cette série B du dimanche soir, suffisamment gore pour satisfaire les amateurs de divertissement horrifiques bourrins, mais pas déshonorante comparé au tout venant des séquelles en DTV. Aurais-je le courage de jeter un œil sur le troisième opus sorti en 2005 et signé Marty Weiss (La dernière éclipse du soleil – The Turning), dont la réputation est peu flatteuse ?

Coming soon, eventuellement…

Publié dans série bis

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