RETURN OF THE LIVING DEAD 4 : NECROPOLIS de Ellory Elkayem (2005)

Publié le par Ludo Z-Man

On continue avec des inédits plus ou moins obscurs, puisque on le sait, c’est parfois dans les coins les plus obscurs que se cachent certaines perles et tout bisseux qui se respecte est aussi un habitué des étagères basses des vidéo-clubs et autres bacs à soldes. Mais n’idéalisons pas : on tombe parfois aussi sur de sacrées aberrations que seuls les plus pervers d’entre nous pourront apprécier à leur juste valeur. Depuis Romero, les zombies ne cessent de revenir à la charge pour hanter nos écrans, pour le meilleur et parfois pour le pire. En 1985, c’est Dan O’Bannon qui livrait avec Le retour des morts vivants une pseudo-suite des oeuvres de Romero, sympathique film d’horreur eighties, à la lisière de la parodie et qui établissait la charte de la saga : savant fous, expériences militaires et adolescents curieux tout droit sortis d’un bon teen-movie ! C’est Bryan Yuzna qui en 1994 en livrait la version la plus intéressante avec son Retour des Morts-Vivants 3 et sa love story nécrophile portée par la très sexy Mindy Clarke en zombie punkette sado-masochiste adepte du piercing hardcore. Sans qu’on sache trop pourquoi (enfin sans doute pour surfer sur les succès de Land Of The Dead et de Dawn of the Dead), on décide de tourner deux suites coup sur coup, un nouveau dyptique en fait (les histoires sont censées se suivre cette fois-ci) qu’on confie à Ellory Elkayem, le réalisateur d’Arac Attack !

 

Le scénario suit à fond les règles de la série : ça commence carrément à Tchernobyl (!!!) où une société nommée Hypratech s’est implantée après la catastrophe et l’un de leurs savants cherche à récupérer auprès des mafieux locaux des bidons de déchets radioactifs, ceux qui dans les précédents épisodes avaient réveillé les morts. Le savant, c’est Peter Coyote, venu cachetonner et qui cabotine avec un cynisme sidérant, il faut le voir pour le croire. Et donc, à Tchernobyl, l’atmosphère est tellement pourrie qu’on peut se transformer en zombie n’importe quand. Peter Coyote y réchappe de peu et rentre aux US (il en a de la chance, le film étant lui évidemment tourné en Roumanie, c’est quand même moins cher !) pour poursuivre ses expériences. Or il élève aussi ses deux filleuls, deux ados qui ont perdus leurs parents dans un accident de voiture. Et c’est là qu’on bascule dans le teen-movie. Notre héros, Julian va au campus avec ses potes, drague les jolies filles et fait des courses de motos entre amis en écoutant du métal à fond. Filmée comme un épisode de la mythique sitcom franchouille Seconde B, la mise en place occupe prés du tiers du film, sans qu’il ne s’y passe jamais rien d’intéressant. Puis soudain, le pote de Julian a un accident de moto et se voit transporté à l’hôpital. Ses amis essaient alors d’avoir de ses nouvelles et finissent par comprendre que leur camarade servira de cobaye aux expériences d’Hypratech. Ils décident alors de pénétrer dans les locaux pour aller le récupérer. Et là, ça devient un épisode de Scoubidou avec une team de jeunes digne de ce nom (mais sans le chien !) : il y a la fille reine de l’informatique, la jolie nana sexy et suffisamment maline pour déconcentrer le vigile, l’intello à lunettes… une vraie galerie de clichés uniquement destinés à servir de chair à pâtés à nos zombies.

Il faut bien attendre cinquante minutes avant ceux ci arrivent, dopant ainsi le rythme mollasson de ce qui n’est clairement qu’une grosse série Z torchée avec les pieds, sombrant souvent dans le n’importe quoi entre deux giclées de sang et quelques arrachages de cervelle. Il y a d’ailleurs fort à parier que les effets gores représentent la part essentielle du budget tant c’est bien la seule chose qui soit un tant soit peu soignée dans le film. La mise en scène, peu servie par une photo terne et déprimante, reste au point mort. La seule originalité du script consiste à étriper certains personnages dont on pouvait légitimement penser qu’ils resteraient en vie jusqu’au bout. Mais personne semble n’y croire vraiment comme le prouve certaines blagues vaseuses, sans doute placées là pour remplir le quota de plaisanteries pipi-caca indispensables de nos jours à tous films destinées à un public d’ados. A un quart d’heure de la fin, le scénario lâche la bride : on tire sur les morts-vivants avec des chars d’assaut et on se bat contre des zombies-cyborgs ultra-perfectionnés et armés jusqu’aux dents. Un conseil, quitte à pousser à fond le trip série Z, voyez le film en version française, sans doute l’un des pires doublages entendus depuis des années (le genre improvisé en deux heures dans la cave un soir de cuite, il faut entendre les zombies de Tchernobyl crier « CERVEAAAAAAUUU !!! » avec un accent russe pathétique), elle vous met dans l’ambiance tout de suite.

En tous cas, à Série Bis, on est consciencieux parce que c’est promis, on chroniquera aussi Return of the living dead 5 (Rave from the Grave !). Allez, le rendez-vous est pris !  

COMING SOON !

Publié dans série bis

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