2001 MANIACS de Tim Sullivan (2006)

Publié le par Ludo Z-Man

The South is Gonna Rise… Again !

 

Bien avant des éternels classiques tels que Délivrance ou Massacre à la tronçonneuse, le facétieux Herschell Gordon Lewis avait déjà exploité le potentiel sanglant du plouc, du yankee, du redneck comme on dit là-bas. A Pleasent Valley, village paumé au fin fond des Etats Unis, on sait faire la fête et on s’amuse même à attirer selon des méthodes plus ou moins douteuses des touristes qui n’en demandait pas tant… et surtout qui ne savent pas vraiment ce qui les attendent ! Gordon Lewis a toujours considéré 2000 Maniacs réalisé en 1964 comme son film préféré. Et voici que plus de quarante ans après la sortie du film, on lui fait les honneurs d’un remake (et pas d’une suite comme je le croyais avant de voir le film), car à vrai dire si depuis le temps le patelin a gagné un habitant en plus (d’où les deux mille et UN maniaques), le concept de la fête n’a guère changé. Cette fois-ci, les victimes enfin, les invités sont une bande d’adolescents décérébrés aux hormones sévèrement excitées : différence notoire avec l’original, Tim Sullivan remet aux goût du jour le gore à l’ancienne mais vise clairement le public ado. Tiens comme par hasard, qui retrouve-t-on à la production et même en apparition surprise : Eli Roth, le réalisateur malin de Cabin Fever et de Hostel, qui persiste dans le cocktail d’horreur qui tache et de pochades libidinales période Spring Break. Bizarrement, comme chez nous, le film n’aura connu aux US qu’une sortie en DVD, alors qu’on se dit qu’il avait le potentiel pour trouver son public. Reste qu’il débarque en France comme un idéal candidat pour nos soirées « vidéoclubs » estivales.

 

En fait, 2001 Maniacs est un film à la fois très généreux et un peu trop paresseux. On comprend très vite que tout cela n’a d’autre prétention que de donner au spectateur sa dose d’horreur potache. Ici, le côté Z est parfaitement assumé, sans aucune arrière pensée. En un sens, le film est assez fidèle à son modèle dans le sens ou l’humour est omniprésent dans le cinéma de Gordon Lewis y compris dans le traitement de l’horreur où le sadisme est toujours parasité par une outrance cartoonesque de bon aloi. De même, l’aspect sexy de l’original (qui était, cela dit, bien prude) laisse ici à un humour pipi-caca tout droit de la grande tradition du teen-movie. On pourra trouver ça affligeant si on est de mauvaise humeur ou bien apprécier au contraire que Sullivan ne fasse pas dans la dentelle (le casting féminin est à ce titre plutôt bien exploité…). En plus des cameos, Peter Stormare au début et Robert Englund cabotinent gentiment : on aurait quand même préférer les voir un peu plus. Car globalement, le film reste un peu sage, en fait, non surtout, il ne se force pas trop, à l’image d’une mise en scène rythmée mais sans personnalité. On a l’impression d’être en face d’un slasher revu comme une version adoucie des films Troma : il ne faut pas trop en demander, si quelques bimbos dénudées, quelques plaisanteries de très mauvais goût et quelques meurtres sanglants suffisent à votre plaisir (notons la scène de l’écartèlement qui reprend une idée de l’original de manière assez réussie !), vous serez comblés. Horreur touristique, carte postale yankee, gore estival, film de vacances, film en vacances, fait par des sales gosses pour des sales gosses, 2001 Maniacs sent la mega teuf avec les copains et les jolies filles.

 

Fun Fun Fun, quoi !

Le film sera diffusé sur Canal Plus en Août, présenté par Yannick Dahan !

Publié dans série bis

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