THE GORE GORE GIRLS de Herschell Gordon Lewis (1972)

Publié le par Ludo Z-Man

Persistons dans l’atmosphère vénéneuse des cabarets enfumés aux enseignes racoleuses toutes en promesses sensuelles. Mais cette fois ci, nos chères pin-ups voient rouge, rouge sang bien sur grâce l’ami Herschell Gordon Lewis, le papa du gore. Et rendons hommage donc à cette légende du cinéma bis américain. Comme Russ Meyer et Doris Wishman dont nous avons maintes fois parlés, Gordon Lewis débute dans le nudie et obtient quelques succès commerciaux corrects grâce à son compère producteur, le très malin Dave Friedman (1). Le genre périclitant, les deux comparses décident de tourner avec les mêmes moyens et les mêmes comédiens (dont son acteur fétiche de l’époque, Thomas Wood) un film d’horreur dont le but est de montrer des meurtres sanglants sans détourner la caméra. Avec des trucages sommaires, Lewis tourne Blood Feast en trois jours, un long métrage d’un mauvais goût sans équivalent jusqu’alors. Aidé par une campagne sensationnaliste, le film est un succès. On est en 1963. Le gore est né.

Avec The Gore Gore Girls, Gordon Lewis décide en 1972 de mettre un point final à sa carrière. En guise d’apothéose, il signe cette œuvre qui raconte l’histoire d’un détective et d’un journaliste, enquêtant sur un serial killer qui assassine des strip-teaseuses. Après une introduction brutale et sanguinolente, le film s’engage donc dans une intrigue policière menée avec une désinvolture totale où l’on croise un traumatisé du Viêt-Nam, un barman cupide, ou des féministes qui militent pour la fermeture des clubs de strip-tease. Étonnement, on est souvent dans le registre de la bouffonnerie pure, les deux héros formant un couple antinomique traditionnel dans une comédie. Le détective, sorte de dandy blagueur, s’adresse même au spectateur face caméra, comme des apartés à la Groucho Marx. Le cadre égrillard du cabaret burlesque permet de dénuder les futures victimes du tueur, ce qui permet de retrouver un instant l’esprit du nudie. Et puis il y a les scènes de meurtres, extrêmement sanglantes, mais aussi puissamment ridicules, et qui tend à prouver que décidément, Lewis n’a jamais réellement pris au sérieux le genre qu’il a contribué à créer. En même temps, les amateurs de mauvais goût seront comblés : crane éclaté, yeux arrachés, visage brûlé au fer à repasser, ébouillanté à l’huile de friteuse. Et puis surtout cette scène hilarante ou le tueur découpe les tétons de sa victime au ciseau, faisant contre toute attente gicler un lait maternel qu’il recueille dans une coupe de champagne, histoire de fêter ça. On en reste bouche bée.

Bon, disons le, tout cela est quand même bien laborieux, Gordon Lewis étant, il faut le dire, un bien piètre cinéaste, se contentant d’aligner de longues scènes de dialogues dans des plans fixes interminables. La bonne humeur ambiante et le charme désuet sauve l’ensemble de justesse. Ce qui frappe, c’est que dans les années 60, son cinéma avait son côté novateur. Avec Blood Feast, il offre des visions d’horreur inédites. A revoir son film suivant, 2000 Maniacs, remake gore de Brigadoon, on se dit que Lewis avait anticipé sur certaines thématiques de l’horreur des années 70, avec son côté revanche de l’Amérique profonde. Dix ans plus tard, La nuit des morts vivants est passé par là et le genre amorce un tournant, or Gordon Lewis, lui, n’a pas évolué d’un iota et ses films paraissent alors très kitsch. Avec le recul, on voit bien que ce ne sont que des divertissements violents pour drive-in sans grandes prétentions. Aujourd’hui, Gordon Lewis est devenu l’objet d’un culte. On rend hommage à Blood Feast dans Serial Mother de John Waters ou dans Carne de Gaspar Noé. Au point qu’il revient maintenant sur le devant de la scène, apparemment toujours en forme. Il réalise Blood Feast 2, suite du fameux opus fondateur et un 2001 Maniacs voit aussi le jour. On reparlera de ces deux films, je l’espère, car ils sort sortis directement en DVD. On verra même un remake de The Wizard of Gore (1970) avec un budget confortable et un joli casting : Crispin Glover, Brad Dourif (yes !!!), Bijou Phillips (miam !) et Jeffrey Combs (youpi !). Après tout pourquoi pas ?

A un moment, dans The Gore Gore Girls, une strip-teaseuse erre chez elle en nuisette. On sait donc qu’elle va se faire trucider. Mais le tueur est dans la cuisine. Alors forcément, elle se dirige dans la cuisine et là elle ouvre le frigo et prend… un concombre. Là, le tueur surgit et l’égorge si je me souviens bien.

Dommage : on saurait jamais ce qu’elle comptait faire du concombre en question.

 

Comment ça, j’ai l’esprit mal tourné ????

Nous vous l’annonçons fièrement :

Cette chronique est terminée.

 

(1) je vous reporte à l’article Mau Mau Sex Sex http://drorlof.blogspot.com/2006/02/mau-mau-sex-sex.html sur le blog de Pierrot, consacré à un documentaire sur David Friedman, figure importante du cinéma d’exploitation américain.

Publié dans série bis

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BOODDHA 07/11/2009 12:43



TRUTH BOODDHA MEISSSONIER LYCEE ST FR ASSISE SUITE FEATURING BOODHA INSTANT DE GIVENCHY BOUDE P2006 CAISSE DE DEPOTS ET DE CONSIGNATINOS TITRE MICHELIN NASA 20006 APRT 5 P 57 CH CIVIL TOKYO
EXCHANGE BIBLIO DE CITE UNIVERSITAIRE DE PARIS ET DE CREGY PONTOISE BNP 1981 AUTOMATISATIONS DES RESEAUX URSAAF DS 1989 491 REMNUERATION GREAT EXPECTORATION CH SIM CERCLE A 04 ANGST V 1995 PUB
TABAC ET ALCHOOL MOSK KOTHUM 1960 FEUX D ARTIFICE HAZELL KEEYL KATE BECKINSALE YAMINA BELBEY ANIA KISIEL BIBLIO FR MITTERAND


TITLE LAUREN  BACALL PAR MOI  P 203MEME ANIA KISIEL ET ANN HATHAWAY P 39 ACTA MUSICOLOGICA 1992 1997 KIELER SCHIRFTER ZUR MUSIKWISSENSCHAFT  P 69



DESMOS 16 P 5515 P 51
14 ¨P 55
13 P 55
12 P 53  10 11 P 125
9 P 65  17 P 33


TITLE ANIA KISEIL  P 200 CHAMPS CANNIBALES ROMAN RIJKA PARUTION 1 0AVRIL 20088 ACTA MUSICOLOGICA P 183



DESMOS 26 P 49
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18 19 P 101


TITLE VIRGINA LEDOYEN S HILL MALEDEICTION DE MANDERLEY  P 155ACTA MUSICOLOGIC 11 01 P 189


NEDERLAND LETTERKUNDE 99 2 P 149
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TITLE BERANRD MAC LAVERTU CAL P 119ACTA MUSICOLOGICA 70 P 95


NEDERLANDSE LETTERKUNDE 99 3 P 253 
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TITLE FRANCOISE DORIN SEX AND THE CITY AU NOM DU PERE ET DE LA FILLE  P 169ACTA MUSICOLOGIC 1 00 P 59


GIORNAL STORICO 605 P 69
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TITLE CH BALE P 211 PASSION DU DOC REINHARD  ACTA MUSICOLOGICA 71 P 79


CRITICA LETTERATURIA 132 P 521
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TITLE PASCLA LAINE DENTELLIERE PROX GONCOURT P 89 ACTA MUSICOLOGICA 68 P 97


CRITICA LETTERATURIA 125 P 717
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122 P 87
121 P 715
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TITLE MARILYN FRENCH TOLILETTES POUR FEMMS   P 133 ACTA MUSICOLOGICA 1 03 P 133


DESESPERATE HOUSEWIVES SUITE DARAI WEROBWY ET TERI HATCHER


AWAL 38 P 117
37 P 67
34 P 81
33 P 63
32 P 89
31 P 79


TITLE KIRSTEN DAVIS EMB DYER CHALET SCHOOL P 233ACTA MUSICOLOGICA 1 01 P 47


CONNAISSANCE HELELNIQUE 121 P 29
81 P 35
83 P 35
84 P 39
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98 P 31
97 P 37
96 P 39


TITLE V ROSEN CARRE NOIRE CALIBRE  38 P 101ACTA MUSICOLOGICA 11 03 P 215


CAHIER DU JUDAISME 16 P 61
15 P 49
14 P 65
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10 P 61
9 P 59


TITLE G DE VILKEIRS 856 STRIP P 97 ACTA MUSICOLOGICA 11 02 P 161


CAHIER DU JUDAISME 26 P 73
25 P 59
24 P 59
23 P 55
22 P 43
20 P 59
19 P 63
18 P 49
17 P 53


TITLE ANN MOULGALIS BLACK DEATH G CRAVA P 165ACTA MUSICOLOGICA 1 02 P 43


CONNAISSANE HELLENIQUE 121 P 25
95 P 39
94 P 39
93 P 33
92 P 39
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112 P 35


TITLE ST STRUGEON CRISTAL QUI SONG JESSICA STAM P 113ACTA MUSICOLOGICA 1  03 P 71


CONNAISSANCE HELLENIQUE 104 P 31
103 P 27
102 P 37
101 P 45
100 P 31
99 P 21


TITLE S LAURAC JOURNAL INTIME APHRODITE P 79ACTA MUSICOLOGICA 1 04 P 63


CONNAISSANCE HELLENIQUE 105 P 35
111 P 43
110 P 33
109 P 19
108 P 37
107 P 39
106 P 39


TITLE G DE VILLIERS TOURBILLNOS DE CADAQUE P 111ACTA MUSICOLOGICA 11 04 P 209


CONNAISSANCE HELLENIQUE 64 P 45
65 P 35
66 P 41
67 P 39
68 P 35
69 P 23
70 P 27
71 P 31
72 P 31
73 P 41
80 P 35
78 P 33



Dr Orlof 02/05/2006 19:26

Oui, je suis de ton avis sur HG.Lewis même si je n'ai pas vu le film dont tu parles. Je ne connais que "Blood feast" et "2000 maniacs" qui ne sont pas des films inoubliables mais dont le côté kitsch me plaît bien.
Merci pour le lien ;-)