ERRANCES ET EGAREMENTS VIDEOPHILES DU WEEK END vol. 2 : Girls gone wild !

Publié le par Ludo Z-Man

Sans doute dans la lancée du fabuleux Deadly Weapons de Doris Wishman dont je vous ai parlais la dernière fois, je continue mon périple et je vous propose quelques perles remplies de bimbos, de pin-ups, de tueuses : good girls, bad girls, wild girls, même combat !

Vous savez que j’adore les titres aberrants et racoleurs comme il se doit, donc forcément Il boia scarlatto, c’est sans plus, mais en français, ça devient carrément VIERGES POUR LE BOURREAU, c’est quand même plus marrant (Bloody pit of horror en anglais) ! Bon, en fait, nous sommes ici en présence d’une charmante série Z italienne de 1965, réalisée par Max Hunter, en fait un pseudonyme américanisé pour Massimo Pupillo, artisan bis peu prolifique mais qui comme ses compatriote a suivi les genres à la mode : quelques films d’épouvante, un western, et deux mondos composent sa filmographie. Le film qui nous concerne raconte l’histoire d’un réalisateur et d’un auteur de roman-photos d’épouvante cherchant un endroit pour réaliser les images du dernier épisode de la saga Skelettrik, où un terrifiant squelette s’en prend à de charmantes donzelles en détresse. La petite équipe débarque dans un château poussiéreux, occupé par un maître énigmatique et son majordome. Or quelques siclées plutôt, un sadique déguisé en bourreau avait été exécuté et enfermé dans le château. Libéré de son tombeau (une veuve de Nuremberg), il hante les couloirs du lieu à la recherche de nouvelles proies. Ce qui est fort sympathique ici, c’est que le film se veut à la fois hommage et transposition des roman-photos et bandes dessinées pour adultes en petit format qui pullulaient en Italie dans les années 60, ce qu’on appelait les fumetti, peuplés de héros musclé et masqués et de jolies filles en petite tenue, notamment les aventures du célèbre Diabolik transposées au cinéma par Mario Bava (1). Dans Vierges pour le bourreau, on retrouve tous les ingrédients du genre : des pin-ups idiotes en tenue sexy, des héros niais, et surtout un méchant monolithique en rouge et noir incarné par le culturiste Mickey Hargitay (monsieur Jayne Mansfield) qui kidnappent ces ravissantes créatures pour leur faire subir d’horribles tortures. Ouais enfin… c’est pas Hostel non plus, on est plutôt dans le gentiment kitsch, mais le film ravit par se naïveté colorée : Hargitay en rajoute avec ses éclats de rire diaboliques, les filles hurlent à la mort, se font écartelées, ébouillantées, attaquées par des araignées en caoutchouc. Tout cela baigne dans une bonne humeur franchement contagieuse. Du coup, vous l’aurez compris, le film, pauvre en nudité et en violence, n’est guère à la hauteur des promesses sulfureuses de son titre français, redoutablement racoleur. Pourtant, la version sortie en France à l’époque était censurée. J’ai visionné la version intégrale italienne, et honnêtement, je me demande encore où est-ce qu’ils ont pu coupé. Peu importe, le film est une curiosité fort recommandable, très divertissante.

Allez en fait, Vierges pour le bourreau, c’est quand même rien par rapport à SUPER NICHON CONTRE MAFIA alias DOUBLE AGENT 73 de Doris Wishman, où l’on retrouve la phénoménale Chesty Morgan cette fois-ci dans le rôle d’une espionne qui doit démasquer une bande de malfaiteurs (qui ont buté un agent en possession d’un micro-film très convoité), puis les neutraliser et rapporter les preuves de leur élimination. On l’a vu avec l’éprouvant Deadly Weapons, quand on a une actrice comme Chesty Morgan, on l’utilise, ou en tous cas, on exploite ses fabuleux atouts mammaires. Ici l’idée de scénar qui tue, c’est qu’on implante un appareil photo dans son sein droit pour qu’elle puisse immortaliser ses victimes. Une sorte de nibard bionique. Oui, je vous sens perplexe. Eh bien, à la vision du film, c’est pas plus évident. Pour prendre un cliché, la pauvre Chesty doit se déshabiller, puis elle se souléve le sein pour déclencher la photo, avec un flash en plus, s’il vous plait. Comment cadre-t-on un photo avec son sein ? Comment ça se développe ? C’est un sein à 24 ou 36 poses ? Tant de questions qui resteront sans réponses. Et puis en plus, ça sert aussi d’arme de défense : un de ses ennemis en fera les frais, un direct du nichon droit dans la gueule (filmé au ralenti) et le méchant est KO sans broncher (je rappelle, pour ceux qui suivent pas, que Chesty fait quand même 180 de tour de poitrine). Si le film reprend pas mal d’éléments de Deadly Weapons (la liste des victimes de Chesty, le méchant invisible, et le twist final), il en donne une version améliorée, plus rythmée, plus rough, avec des poursuites en bagnole, et même un meurtre gore sous la douche digne d’un film d’Herschell Gordon Lewis. Comme boosté par tant d’énergie, le scénario aligne les aberrations, comme ce suspense final du au fait que si Chesty ne rentre pas à temps en ayant rempli sa mission, son nichon s’autodétruira (!). A ce qu’il paraît, le film est encore plus fabuleux en VF, le doublage serait anthologique. J’adorerai la voir. Si quelqu’un sait où la trouver, qu’il me fasse signe…

Face à des telles merveilles old school, je me dis souvent que le cinéma bis sexy de nos jours est bien morne. C’est vrai, par exemple, j’avoue, ayant un peu flashé sur le petit minois de Erin Brown (alias Misty Mundae) dans le Sick Girl de Lucky Mc Kee (décidément mon chouchou), je me lance à la recherche de ses films sortis de l’écurie Seduction Cinéma. Toujours appâté par les beaux titres, je me frappe Bikini Girls on Dinosaur Planet (avouez que ça promettez, ça rappelle les films de la Hammer avec Raquel Welch) et tombe sur un médiocre porno soft, tourné à l’arrache dans un sale coin de foret, avec trois plans de dinos en synthèse pourrie. Glauque. Tout ça pour dire que j’ai pris un plaisir coupable à L’ATTAQUE DE LA PIN-UP GEANTE (Attack of the 60 foot centerfolds, 1995), hommage à Attack of the 50 foot woman, mythique série B de Nathan Juran, qui voit trois mannequins s’affronter pour un concours de beauté. L’une d’entre elle (JJ North qui jouait dans l’incroyable Psycho Sisters, un rape and revenge énorme ou deux bimbos collectionnent les pénis des types qu’elles assassinent, une sorte de Baise Moi, version Amérique profonde) absorbe une potion prescrite par son toubib et se transforme en géante. Bon, ok, c’est vraiment n’importe quoi, ce film, et les dix premières minutes, digne d’un feuilletage d’un numéro de Playboy sont difficilement supportable. Mais bon, c’était mon premier Fred Olen Ray, légende ultra-prolifique du Z ricain, que je ne connaissais que de nom. Et puis le toubib fou qui crée des géants, c’est John Lazar. Et alors là, imaginez mon émotion… Vous avez vu mon pseudo, c’est Ludo Z-Man, hommage à Z-Man Barzell, personnage inoubliable du non moins grandiose Beyond the valley of the dolls de Russ Meyer, ou il campait un producteur démiurge et totalement fou, sexuellement très ambigu et qui finissait en Superwoman ! Bon, ben il est là, 30 ans après, quelques injections de botox sur le visage, à affronter un rat géant paumé dans son labo, et j’avoue : ça a suffi à mon plaisir.(2) Ca et un crêpage de chignon entre deux playmates de 18 mètres de haut. Il m’en faut peu, dirons certains.

Bonne semaine à tous !

 

(1) Dont la version plus hard arrivera ensuite en France à travers les petits formats édités par la sulfureuse maison d’édition Elvifrance. J’adorerais lire les BD Elvifrance. Les couvertures sont assez mythiques.

 

(2) Et Russ Tamblyn aussi d’ailleurs, qui jouait le jeune homme incrédule dans The Haunting de Robert Wise (1963) pour le coup un immense chef d’œuvre.

Publié dans série bis

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tromatoxic 19/06/2007 18:02

Félicitations pour cet article!
Peux-tu m'indiquer d'où vient la photo d'exploitation insérée dans ton article?
Existe-t-il un site sur ces photos?
Par avance merci

nicol 24/03/2007 11:35

Je vous invite à venir jeter un oeil à ma superbe collection de couvertures de BD Adultes Elvifrance (Zara, Wallestein, Maghella...) sur mon site : www.nicollection.net

Ludo Z-Man 29/03/2007 17:08

Effectivement, belle collection que la votre !Merci pour ce lien interressant !

Dr Orlof 25/04/2006 19:03

Eh oh! tu ne nous abandonnes pas pour une semaine! des notes comme celle-ci, on en redemande. Félicitations! tu donnes vraiment envie de voir ces films!
(je me suis toujours posé une question quant à ces films où les nanas deviennent gigantesques. Comment se fait-il que leurs vêtements grandissent de manière proportionnelle? c'est un peu frustrant :) )  

Ludo Z-Man 25/04/2006 22:58

En fait, dans cette Attaque de la pin up géante, la jeune playmate se retrouve bien toute nue aprés avoir changer de taille et ensuite pour menager sa pudeur, on lui fabrique une nuisette à sa taille. Voila pour la petite précision technique ! ; )
 
Et encore merci pour ta fidélité !