MONSTER IN THE CLOSET de Bob Dahlin (1987)

Publié le par Ludo Z-Man

Grand classique des peurs enfantines, le mythe du monstre dans le placard n’a pas tant que ça été exploité au cinéma. Et puis récemment, Pixar en a donné une vision définitive avec son délicieux Monster Inc. où les monstres du placard étaient organisé en véritable multinationale, usine à distiller de la frousse à nos chers bambins. Sinon en 2003, Robert Harmon, l’auteur du fameux Hitcher, avait essayé d’en donner une version plus sombre avec Le peuple des ténèbres, une série B inégale mais recelant quelques visions fantastiques efficaces dont un plan final plutôt flippant. Et bien avant, on trouve dans le catalogue Troma, ce Monster in the closet, produit par Herz et Kaufmann, qui on s’en doute traite le thème de manière bien plus légère.

Spécialisé dans les faits divers sans intérêt, un journaliste de seconde zone se voit une affaire de quadruple meurtre (trois personnes et un chien) retrouvés morts dans leur placard dans la petite ville de Chestnut Hills. Aidé d’une jeune femme, de son fils surdoué et d’un professeur un peu fou, il va tomber sur un vrai scoop puis tenter de détruire le monstre qui terrifie la ville. Monstre qui ô surprise apparaît au bout d’une demi heure de film, un vrai beau monstre en caoutchouc, croisement incongru mais rigolo entre un gorille et un alien. Ce qui étonne d’abord, c’est le budget assez raisonnable d’une telle production, avec des figurants, des décors et même des mouvements de caméra, des travellings et même… une grue, si si, je vous jure ! C’est d’ailleurs cette réalisation soignée qui permet de rendre le film assez agréable à suivre.

 

L’autre chose étonnante, c’est l’ambiance « bon enfant » qui règne et qui exclue toutes les blagues gore-scato et autres débordements salaces qui pullulent dans la plupart des productions de la firme. A croire que Kaufmann voulait produire ici un film « grand public » : sorte d’hommage gentiment désuet au films de monstres des fifties. Les personnages sont tous très stéréotypés, et le jeu falot des acteurs renforce la naïveté de l’ensemble. Seulement, Bob Dahlin n’est ni Roger Corman ni Jack Arnold, et à force de vouloir rester sage, son film devient fade et sans grand intérêt. Il faut attendre les vingt dernières minutes pour arriver sur la trouvaille scénaristique la plus drôle et qui aboutit sur une parodie de King Kong à la sauce gay totalement inattendue. Et loin d’être lourd (comme on pourrait s’y attendre), ce passage est plutôt drôle et donne toute sa signification au titre (si si ! réfléchissez ! ou voyez le film). Dommage que cela intervienne si tard.

Voilà, la suite des Troma bientôt avec entre autres la trilogie des Class of Nuke’em High (soit Atomic College en français, un gros morceau) et autres Mémés Cannibales. Ca promet.

 

Publié dans série bis

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