ERRANCES ET EGAREMENTS VIDEOPHILES DU WEEK END vol. 5 + la soirée REMPLOIS SAUVAGES à l'auditorium du Louvre le 18 mai

Publié le par Ludo Z-Man

En guise d’introduction à cette note, c’est avec plaisir qu’à la demande d’un lecteur, je me permets de signaler un événement qui se déroulera à Paris au courant de mois de mai, il s’agit d’un colloque organisé par Nicole Brenez sur le thème REMPLOIS SAUVAGES. En guise de clôture, vous pourrez assister dans ce lieu pour le moins inattendu de l’auditorium du Louvre, à une soirée dont le programme, vous verrez, est complètement dans la lignée de mon blog Série Bis et de ce cinéma que, chers amis lecteurs, vous appréciez sans doute (mais aussi d’autres choses alléchantes, comme une carte blanche dédié au passionnant cinéaste expérimental, Peter Tscherkassky, auteur d’un film extraordinaire oû il retravaille les images du film d’horreur de Sidney J. Furie, L’Emprise). En voici le descriptif :

Le dimanche 18 mai à 20 h00, à l'auditorium du Louvre, Paris, REMPLOIS SAUVAGES sera la soirée de clôture d'un colloque organisé par Nicole Brenez (*) et présentera les moments les plus fous de recyclage de pellicule dans le cinéma B et Z.

Très loin des remplois savants, s'est développée la poésie sauvage des films de stockshots, souvent utilisés dans le cinéma de séries B et Z pour pallier toutes sortes d¹insuffisances plus ou moins avouables dans un champ où tout est permis.
Seront présentés:

- en ouverture un montage / clip original des recyclages, stock shots et raccords foireux les plus absurdes ou délirants ou significatifs du cinema B/ Z. Ce montage original comprendra des extraits rares de films de Jose Mojica Marins, Al Adamson, Ceytin Inanc, Ed Wood, Bruno Mattei,
Tomas Tang, Jess Franco, JP Bouyxou, etc... avec un emballage didactique et un accompagnement musical de circonstance

- puis le film-culte Dünyayi Kurtaran Adam, plus connu sous le nom de « Turkish Star Wars » (1982), réalisé par par Çetin Inanç, empereur du stock-shot, et interprété par le célèbre Alain Delon turc, Cüneyt Arkin (version sous titrée en français inédite).


(*) L'image matière, histoire du cinéma par lui-même, 17-18 mai, Paris, le Louvre.

Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez aussi jeter un coup d’œil
ici. Et bravo aux organisateurs de cet événement tout à fait original.

Quand le cinéma d’horreur nous arrive directement en DVD sans passer par la case cinéma, ni toucher 20000 francs (ah, non ça c’est au Monopoly), il est aussi sur Série Bis. Passons donc en revue quelques films qui pimenteront peut-être vos futures virées au vidéo-club.

On commence avec Détour Mortel 2 (Wrong Turn 2 : Dead End), qui comme son nom l’indique assez clairement est la suite directe du Détour Mortel de Rob Schmidt, sympathique série B estivale de 2003 qui avait surpris son monde à une époque ou le genre du survival n’était pas encore revenu à la mode et ne saturait pas encore les écrans. C’est sans aucun doute pour surfer sur cette tendance que les producteurs ont décidé de remettre le couvert, mais plus modestement cette fois, en se fendant d’un produit directement destiné au marché du DVD. C’est Joe Lynch, un débutant total qui s’y colle. Le scénario utilise un prétexte d’émission de télé réalité de type Survivor, ou une bande de gus vont devoir survivre en milieu hostile en remportant des épreuves. Malheureusement, le décor du jeu a été installé sur le terrain de chasse d’une famille de cannibales dégénérés qui vont en profiter pour faire des pauvres candidats leur casse-croûte. Un concept bien dans l’air du temps mais pas original pour autant puisqu’il servait, si mes souvenirs sont bons, aussi de point de départ à deux autres suites : Halloween Resurrection et Blair Witch 2 (dans lequel jouait déjà la jeune et fort mignonne actrice Erica Leehrsen que l’on retrouve ici). Mais ça n’a aucune importance, car le scénario assume tout ça clairement, bref, soyons francs, dans sa globalité, ce film, c’est n’importe quoi. Avec son esthétique de téléfilm de seconde zone (et c’est dommage parce que le Joe Lynch aurait quand même pu faire un effort plutôt que de filmer paresseusement le script), Détour Mortel 2 prend vite les allures d’un slasher joyeusement débile qui pourrait paraître somme toute bien désuet s’il n’était pas dopé par une débauche de violence gore d’un mauvais goût constant et d’une potacherie pas spécialement involontaire. Bien qu’assez inoffensif malgré tout, Détour Mortel 2 nous fait quand même mesurer le décalage entre les films d’horreurs des années 80 et 90 bien timides et ceux des années 2000 osant quelques outrances graphiques (bon d’accord Hollywood produit toujours malgré tout des films d’horreur sans une goutte de sang labellisés PG-13) qu’il fallait jusque là aller chercher dans le cinéma bis italien. Donc si vous voulez voir un pur film d’exploitation complètement débile et extrêmement gore produit par une grande major (la Fox quand même), c’est Détour Mortel 2 qu’il vous faut. Attention, c’est quand même du très régressif, second degré exigé.


Dans un genre tout aussi peu subtil, Werewolf in a Woman’s Prison a le mérite de jouer franc jeu avec son titre alléchant en forme de cross-over entre la figure classique du loup-garou et l’univers poisseux des prisons de femme, familier aux amateurs de bis. Ce film de 2007 est l’œuvre de Jeff Leroy, cinéaste spécialisé dans la série Z artisanale, limite home-made, dont l’univers peuplé de monstres cheap et de bimbos généreuses en font le digne successeur d’un Andy Sidaris ou d’un Jim Wynorsky. En fait, plus que tous ses illustres prédécesseurs, Leroy s’adresse directement à un public d’amateur du genre qui apprécie avec quelle générosité le bonhomme donne dans le kitsch et le mauvais goût le plus absolu. L’histoire est la suivante : après avoir vu son amant mourir dévoré par un loup-garou, une jeune femme se retrouve en prison, accusé du meurtre, sauf qu’elle est à son tour possédée par la malédiction du lycanthrope et que donc un soir de pleine lune, elle va se transformer et plonger la prison dans un véritable bain de sang. Même si Leroy se fend d’un loup-garou au look pas plus déshonorant que l’immonde machin en image de synthèse qu’on voyait dans le Cursed de Wes Craven (et qui nous faisait un fuck face caméra dans un plan devenu désormais légendaire), le reste sent le petit budget à plein nez et cette direction artistique minimaliste à souhait nous plonge d’emblée dans une ambiance très « premier samedi du mois sur Canal », ce qui ravira les plus pervers d’entre nous. C’est après que ça se corse, car si d’évidence Leroy joue la carte du cliché assumé et revendiqué comme un gag (le directeur sadique, la matonne perverse qui prend des photos scabreuses de ses prisonnières pour les poster sur son site Internet, www.prisongirlsgonewild.com !!!), le délire devient vite des plus poussifs (sans pour autant atteindre les sommets d’un
Rectuma). Leroy a beau alors être généreux sur les effusions de sang, le film s’avère répétitif d’autant que par moment, Leroy semble presque vouloir faire un film plus soigné que d’habitude là où ses précédents opus tiraient (volontairement ou non) leur charme de leur look en forme de bricolage ringard, parfois proche du suédage immortalisé par le Be Kind Rewind de Michel Gondry. Résultat : ce loup-garou dans la prison de femme ennuie quand même beaucoup.

Alors, dans le style « on n’a pas d’argent mais on a des idées » allons voir du côté d’une référence du genre, Lloyd Kaufmann, le boss de la Troma, dont le cinéma potache et délirant s’est bizarrement bonifié avec le temps. Si la Troma continue de produire et de distribuer un paquet de nanars plus ou moins obscurs, Lloyd Kaufmann continue de réaliser des films qui contribuent à l’image gentiment excentrique et anarchiste de la firme et même si ce farouche indépendant exploite le filon avec beaucoup de malice, force est de reconnaître qu’il ne s’est pas renié et que ses films témoignent encore de cette énergie potache et loufoque qui ravit les fans. Si les films de la Troma prennent leur source dans le cinéma bis, Kaufmann fait un cinéma ouvertement parodique basé sur un humour qui est une sorte de loufoquerie très trash. Il s’agit donc ici de rire franchement de tout ce que la bienséance ou le bon goût rejette poliment. Pourtant, Poultrygeist : Night of the Chicken Dead (The Musical), son dernier monument a été taillé pour une sortie en salles (mais peu d’espoir de le voir débarquer en France, soyons clairs). Pour autant, la mise en scène reste par moment assez approximative (les numéros musicaux par exemple, c’est pas vraiment ça) et donc l’intérêt n’est pas vraiment là. Ce qui réjouit malgré tout, c’est que Kaufmann et sa clique sont loin d’avoir mis de l’eau dans leur vin et prolonge la tradition comique de la firme qui consiste à faire feu de tout bois en tirant sur tout ce qui bouge. En allant vers des films plus soignés afin d’essayer de toucher un plus large public, Kaufmann a eu l’excellente idée de miser sur une écriture largement meilleure qu’à ses débuts (notamment en s’entourant ces dernières années de gens qui ont depuis fait leurs preuves tout seuls comme James Gunn ou Douglas Buck). L’euphorie bordélique est toujours à son comble mais les idées fusent vraiment et c’est souvent, il faut le dire, hilarant. Jugez plutôt : Arbie et sa copine, Wendy, s’apprêtent à avoir leur première expérience sexuelle dans un vieux cimetière indien (pour être précis juste à côté de la tombe de l’indien des Village Pepole !!!) afin de souder leur relation avant que Wendy parte étudier à la fac. Quelques mois plus tard, les deux tourtereaux se retrouvent mais entre temps, un fast-food a été construit sur le cimetière indien et surtout Wendy est entré dans un groupuscule d’activistes lesbiennes alter-mondialistes végétariennes anti-fast-food (!) oû elle a rencontré une très jolie fille nommée Micki a qui elle adore rouler des pelles, histoire de se rebeller contre le système. Désespéré par la trahison de Wendy, Arbie décide alors de prendre un job minable dans le fast-food en question et va vite découvrir que ça se passe comme ça chez qui vous savez, qu’ils font peut-être des hamburgers mais qu’ils ne les font pas forcément bien. Si la satire est une des composantes de l’humour de Kaufmann, Poultrygeist ne s’apparente pas pour autant à un pamphlet ni à un tract anti-junk-food mais bien à une arme de destruction massive ou tout le monde en prend plein la gueule (le héros est un sombre crétin, le directeur du fast-food est un membre du Ku Klux Klan, les militants deviennent rapidement des zombies mongolos et affamés…) dans un grand éclat de rire nerveux. Là où n’importe qui se serait arrêter de peur de pousser le bouchon trop loin, Kaufmann, lui, n’est en qu’au point de départ. L’outrance est alors de mise tout le temps. Le soin apporté aux effets spéciaux permet de plus quelques délires mémorables (comme ces clients attaqués par des nuggets tueurs !). Le rythme en pâtit parfois un peu, il faut le dire, le film aurait gagné à être un peu plus resserré, mais témoigne de cette belle énergie foutraque qui fait les meilleurs films de la firme. Tout cela est donc fort recommandable.


PS : pour ceux qui suivent la série How I Met Your Mother, j’espère que vous avez apprécié l’hommage dans l’épisode 13 de la saison en cours à
Manos, the Hands of Fate, film culte que j’avais chroniqué ici-même. Si comme Ted, je déniche une fille à qui je peux montrer ce film à notre premier rendez-vous, je l’épouse d’office !!!
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Ben 18/11/2009 11:04


Bonjour,

Je t'expédie ce message au cas où tu ne serais pas au courant, si ce site t'intéresse encore... Fopaldir ferme. Il y a des sujets ouverts sur le site pour terminer sur une note positive.
Voir ici : http://www.fopaldir.com/phpbb2/viewtopic.php?t=8029 .

J'avais déjà essayé de te contacter précédemment par mail, est-ce volontairement que tu préfères ne pas répondre ? J'aimerais savoir.


doctoral dissertation 16/10/2009 14:08


Blogs are so informative where we get lots of information on any topic. Nice job keep it up!!
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doctoral dissertation


Dr+Devo 20/05/2009 20:33

Salut Ludo!!J'essaie de prendre contact avec toi mais jai bien du mal. Apparement tu ne recois pas mes mails... Peux tu essayer de prendre contact avec moi?J'espère que tout va bien et  qu'il ne t'ai rien arrivé de facheux ou dramatique...je te salue!Dr Devo

sigismund 27/10/2008 21:01

bonjour,j'ai eu l'occasion de te lire sur 'Matière focale' et j'apprécie beaucoup tes chroniques, je me réjouis d'avoir enfin trouvé ton blog.Un lien qui peut t'intéresser, des comics d'horreur des années 50 :http://thehorrorsofitall.blogspot.com bonne continuation 

sigismund 27/10/2008 21:01

bonjour,j'ai eu l'occasion de te lire sur 'Matière focale' et j'apprécie beaucoup tes chroniques, je me réjouis d'avoir enfin trouvé ton blog.Un lien qui peut t'intéresser, des comics d'horreur des années 50 :http://thehorrorsofitall.blogspot.com bonne continuation