WOLF CREEK de Greg McLean (2005)

Publié le par Ludo Z-Man

 

Tiens, un film australien ! Ca fait longtemps qu’on avait plus eu de nouvelles du cinéma de genre australien, jadis révélé par les films de Peter Weir et par quelques séries B sympathiques au début des années 80 comme Patrick de Richard Franklin ou Turkey Shoot de Brian Trenchard-Smith et même Razorback de Russel Mulcahy qui a fait Highlander ensuite. Dans les années 2000, on avait vu Cut, un slasher calamiteux qui tentait de surfer sur la vague post-Scream. Puis après il y a eu le fantastique néo-zélandais avec bien sur, le tonitruant Peter Jackson mais aussi des perles méconnues comme l’excellent The Ugly de Scott Reynolds et son huis-clos flippant en asile psychiatrique. Je n’ai d’ailleurs jamais vu les autres films de ce cinéaste qui paraissait prometteur.

Wolf Creek, c’est un film d’horreur qui s’est frayé un chemin sur nos écrans grâce, chose étonnante pour un pur produit de genre, à sa présentation au dernier festival de Cannes. C’est le deuxième de son auteur après un ICQ (2001) resté inédit chez nous à ma connaissance. Le Wolf Creek, c’est un cratère, le plus grand du monde que trois jeunes randonneurs sympas (deux filles et un garçon) décident d’aller traverser ensemble. Ils apprendront à se connaître pendant le voyage. Après une introduction inquiétante plaçant le récit sous le signe du fait divers mystérieux, le film sombre dans une décontraction insouciante. Les personnages sont sympathiques, et la mise en scène joue à fond la carte du dépliant touristique, ce qui donne lieu à quelques jolis plans de paysages australiens.

Wolf Creek est, à l’instar du Hostel d’Eli Roth, un des films qui bénéficie chez les goreux de ce qu’on appelle un buzz : en gros, sa réputation flatteuse en faisait une sortie attendue. En même temps, quelques détracteurs déçus avait ici et là fustiger le film et notamment son rythme languissant. En effet, pendant sa première moitié Wolf Creek s’apparente à un simple road-movie paisible. McLean veut jouer sur le sentiment de quiétude et la fascination générée par les lieux traversés afin de signifier l’absence apparente de danger. De plus, il cherche clairement un effet de réel, une volonté d’authenticité : ainsi les personnages ne sont pas des héros de slasher paumés là par hasard, mais vraiment des marcheurs qui aiment ça. Même si il n’échappe pas à certains clichés (discussions entre filles du genre « il est mignon, tu trouves pas ? » ou l’inévitable scène de flirt), le film demeure étrangement prenant, alors qu’il ne s’y passe pas grand chose d’intéressant. Bref, je ne me suis pas ennuyé.

Et puis, enfin, les détails inquiétants surviennent, et là McLean est assez malin, car si son film se voulait réaliste et de plus, inscrit dans une logique de faits divers, les premières manifestations inquiétantes sont d’ordre fantastiques. Montre arrêtée, bagnole qui ne démarre plus, décor de fin du monde, l’ambiance d’étrangeté fonctionne. Puis soudain, la menace va prendre visage humain, et là on va verser dans le survival le plus classique. Rien de bien original donc, mais McLean semble assumer ce respect absolu des codes : plutôt bien vu, la manière dont il déjoue les attentes du spectateurs sur ce qui devient la question centrale du récit « qui va périr/survivre et quand/comment ? ». Étrange pourtant que le film demeure assez conventionnel, au point qu’alors qu’il se veuille parfaitement sérieux et « premier degré », c’est un trait d’humour noir et un clin d’œil parodique au film Crocodile Dundee (rapport au look du tueur) qui donne lieu à la scène la plus percutante.

Au final, Wolf Creek est une série B honnête, qui étrangement, pêche par un excès de respect des règles du genre, un film un  peu sage et trop appliqué. 

Publié dans série bis

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