SURF NAZIS MUST DIE de Peter George (1987)

Publié le par Ludo Z-Man

«Les nazis surfeurs doivent mourir». Un titre pareil, c’est tout un programme !

 

Le challenge de cette production Troma(1), c’était de tourner un film dans quelques kilomètres carrés d’une plage de Californie en plein hiver (car en été, y’a trop de monde !). Voilà le concept : on est dans un futur apocalyptique. En effet, trois figurants se battent en duel dans un décor en flamme. Des gangs tout droit sortis d’un mauvais remake d’Orange Mécanique font régner la terreur sur les plages. Des gangs de surfeurs évidemment. Il y a les surfeurs karatékas, les surfeurs gothiques, les surfeurs skateurs (fallait le trouver !) et donc les surfeurs nazis commandés par une grande endive entichée d’une moustache mal fixée, qui porte un tee-shirt avec une grosse croix gammée dessinée au marqueur rouge et qui se fait évidemment appeler Adolf.

Il a aussi une copine, Eva et un partenaire, Mengele qui bricole des armes super-dangereuses comme des surfs à lames rétractables (?). Et donc, ce sont les plus forts.

Pendant ce temps, une mémé black est mise en maison de retraite par son fils et s’y ennuie en attendant le scénario. L’attente va être longue ! Visiblement tourné avec un budget anémique, Surf nazis n’a même pas les moyens de mettre en scène les quelques moments forts qui pourraient rehausser l’intérêt du récit. Et du coup, il faut combler pendant une heure et demie.

Alors bon, là, des minots sur la plage crient « Vive les nazis surfeurs » ! Puis Adolf fait un discours édifiant de 5 minutes et arrive à la conclusion que « ce sont les plus forts ». Puis ils errent sur la plage et regardent les cascadeurs figurants faire du surf (visiblement, on se retape plusieurs fois les mêmes plans).

Pendant ce temps, la mémé black joue au poker à la maison de retraite. Au moins elle s’occupe !

Les nazis vont à une réunion entre gangs. On pense que ça va dégénérer en baston générale mais en fait non.

La grand mère qui commence sérieusement à se faire chier, taille les arbres du jardin à la tronçonneuse.

Les nazis se baladent sur la plage. Re-séquence de surf.

On entend crier : « Non, Adolf, pas comme ça ! » Eva fait sa mijaurée mais Adolf ne se laisse pas faire. On a droit à un « plan nichon » et à une scène un peu chaude. Et sous les yeux d’un autre surfeur nazis qui semble enfin concerné par ce qui passe dans le film.

Re-re-séquence de surf.

Enfin le scénariste décide un truc : les méchants vont tuer le fils de la black. Mais attention on montre pas la scène, ça coûterai trop cher ! Donc voilà on n’a rien vu, mais le fils s’est fait buté par Adolf et sa bande et la mémé, elle n’est pas contente. Elle décide que ça doit bouger un peu car, quand même, on approche de la fin du film. Elle va s’acheter un flingue et des grenades et décide d’aller casser du nazi !

Re-re-re-séquence de surf, juste comme ça en passant !

Et enfin, ça charcle un peu : Mengele se prend une grenade en pleine poire, Eva est découpée en morceau sous les pales d’un moteur de bateau (la location du bateau représente sans doute les 2/3 du budget) et Adolf se fait exploser la tête. La grand-mère est contente et s’en va en hurlant sur une moto, à fond les manettes ! C’est Easy Rider revisité par le Cosby Show !

Rythme léthargique, budget système D, scénario Weight Watchers, réalisation aberrante, Surf Nazis Must Die fait reculer les limites de l’électroencéphalogramme plat. Il ne se passe rien. Mais alors rien de rien. C’est LE film-concept ultime : Surf nazis must die. Vous aurez des surfeurs, des nazis et ils mourront. Tout était dans le titre.

Le film, lui, est presque accessoire.

 

 

 

(1) On reparlera de Troma, forcément.

Publié dans série bis

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

ludo z-man 25/03/2008 19:40

Merci à toi, Locutus57, et n'hésite pas à revenir, j'essaierais de dénicher d'autres séries B improbables !

locutus57 25/03/2008 17:06

D'abord intrigué par ce titre atypique, j'avoue avoir bien aimé ce nanar volontaire. J'adore la revanche de la mémé sur les mechants nazis surfeurs. Je m'étais bien marré. Nan, avec "toxic avenger1 &4" et "troma's war" ce film est l'un de mes tromas préférés.ps: Bravo pour ton blog. J'adore les séries B et je donc reviendrai régulièrement pour trouver des idées de films.

ludo 20/02/2006 19:56

Perso, je suis trés fan des brulots anarcho-trash du pére Kaufmann. En effet, Tromeo and Juliet, c'est merveilleux !
 
Sinon, chez Pierrot, un jour, j'avais lancé un concours sur un forum pour celui qui trouverait le film avec le titre le plus long du monde. Et si ce "The incredibly strange creatures who stopped living and became mixed-up Zombies" est assez grandiose, il ne fait pas le poids face à "Night of the Day of the Dawn of the Son of the Bride of the Return of the Revenge of the Terror of the Attack of the Evil, Mutant, Alien, Flesh Eating, Hellbound, Zombified Living Dead Part 2: In Shocking 2-D" de Lowell Mason. Ca existe vraiment et ca fait envie !

Dr Orlof 19/02/2006 19:30

Question titre, c'est effectivement assez haut mais ça n'atteind pas le génie de Ray Dennis Steckler et de son mythique (qu'est-ce que je donnerais pas pour le voir!) : "The incredibly strange creatures who stopped living and became mixed-up Zombies". A part "le congrès des belles-mères" d'Emile Couzinet, je ne connais pas titre plus allêchant!
"Troma", j'aime assez (Troméo et Juliette, c'est bon!) mais je n'en ai pas vu beaucoup. Je ne connais "Surf nazis must die" que de titre, à l'époque où Mad Movies consacrait des pages au cinéma bis (le "Cannibal Hookers" de Donald Farmer doit dater de la même époque. Je te le recommande!)

Dr Devo 14/02/2006 22:29

Aussi bien il y a des trucs vraiment surprenant chez troma (mother's day surement le plus beau), et souvent des trucs tres droles (toxic avenger) que quelques fois c'est... euh, assez indigent, comme ce SURF NAZIS... qui est quand même et malgré tout un des plus beaux titres de la création depuis que Dieu a fait le monde!Salutations!Dr Devo.